vendredi 23 décembre 2016

Afrique du Sud : le bilan

Fin du séjour, retour à la vie n-o-r-m-a-l-e. Pouah !
Après ces cinq semaines dans l'hémisphère Sud, il est temps de faire le bilan.
Cinq semaines, cinq semaines de répit. Loin de l'actualité et ses nouvelles sombres, loin des réflexions tord-cerveau qui hantent chaque individu prêt à se lancer dans la grande machine de l'emploi, loin des perspectives d'avenir oppressantes...

Une vie au jour le jour, se lever, effectuer les travaux, entamer une discussion solitaire (mais seulement en apparence, car je sais qu'intérieurement, les animaux répondent à mes questions), profiter du soleil, être lessivée à la fin de la journée mais satisfaite de ce que j'ai entrepris. Et recommencer, jusqu'au weekend et ses promesses de découvertes et de balades. Le seul questionnement qui nous habitait était le suivant : que choisir au repas du lendemain?
Passer des journées à évoluer dans un rêve d'enfant concrétisé et à me rendre utile. Franchement utile. Voir ce que j'ai accompli; que ce soit le lopin de terre bêché, le grillage réparé ou l'animal empli de curiosité face à un nouvel objet confectionné. Plus globalement, j'apprécie l'idée d'avoir contribué à quelque chose de nécessaire : participer à la protection et à l'amélioration de la vie des pensionnaires du ranch.

Être chaque jour au contact des animaux, bouffée d'oxygène et source constante d'émerveillement. Profiter de la pause de midi pour rendre visite à chacun. S'arrêter un quart d'heure, une demi-heure pour observer, en silence. Établir un lien, même pour seulement quelques semaines.
Évoluer au grand air, passer des journées dehors, sentir le soleil, le vent. Sensations brutes salutaires.
Apprendre, se gorger d'informations, décrypter les termes scientifiques exprimés en langue anglaise. Adopter tout d'abord une posture d'écoute, emmagasiner. Puis s'enhardir, choisir soigneusement ses mots pour poser des questions. Pester d'avoir une cervelle à trou qui ne retiendra pas tout.

Jour après jour, se débrouiller pour évoluer dans un quotidien qui était jusqu'ici inconnu. S'améliorer dans une langue étrangère, bien qu'en devant parfois répéter les phrases. Constater avec satisfaction que le périple, orchestré de A à Z par soi fonctionne comme sur des roulettes. Ecrire ces mots et se demander si quelqu'un utilise encore l'expression "fonctionner comme sur des roulettes".
Prendre confiance en soi, en ses capacités à s'adapter, à réagir à chaque situation nouvelle. Échanger, partager, sceller des amitiés, vivre à plusieurs une aventure.

Puis le départ, expédier les au-revoir. A quoi bon épiloguer alors que le meilleur a déjà été partagé? Avoir un pincement au cœur mais apprécier quand même le retour. Le cerveau fatigué de batailler à parler anglais à tout bout de champ. Dans l'avion, faire le constat de ces cinq semaines, de ce premier voyage en solitaire.

Retourner au point de départ. A l'existence connue. Le sourire plus élargi, les épaules moins courbées. Une foule d'anecdotes à ressortir aux moments opportuns. La réadaptation, moins compliquée que prévue. Mais c'est vrai qu'il fait quand même froid ici.
Envisager un nouveau départ, juste un peu, histoire de combattre le quotidien qui revient au galop.





mardi 6 décembre 2016

Dernière semaine haute en couleurs

Fin du séjour, dernière semaine, mais la cadence n'a pas ralenti pour autant !

Un gros projet a été mené mardi, à savoir le nettoyage de l'enclos des crocodiles (les "jumping jaws"). Les bestioles ne pouvant pas quitter leur lieu de vie, il a fallu s'accommoder de leur présence...  En tant que volunteers, nous ne pouvions évidemment pas côtoyer les crocos de trop près, donc pendant que deux soigneurs travaillaient dans l'enclos, nous aidions à partir de la passerelle. Les soigneurs ramassaient tout ce qui traînait dans l'eau, puis l'eau elle-même, à l'aide de seaux que nous faisions passer via une chaîne humaine jusqu'à l'extérieur de la zone.
Autant dire que nous avons été rapidement couverts de boue, étant donné la propreté de la mare en question; certains autour de moi se sont d'ailleurs retrouvés avec d'étranges marques boueuses sur le visage...

Le travail s'est poursuivi tout l'après-midi, jusqu'à ce que la mare soit vidée. On y a découvert des clous, pièces, dents de crocos, et coquilles d'oeufs. En parlant d'oeufs, deux femelles ont pondu dans l'enclos, il a donc fallu retirer les oeufs avant de voir une horde de bébés crocos envahir le ranch (même si l'idée en soit est amusante à imaginer). Après avoir -non sans peine- attiré les femelles à l'écart en évitant leurs coups de queue et de crocs (RIP jeune bananier qui s'est trouvé au mauvais endroit au mauvais moment), les soigneurs ont pu déterrer les oeufs.
Belles trouvailles ! 34 oeufs dans un nid et 64 dans l'autre ! Étant donné le nombre d'oeufs pondus régulièrement, il est impossible de les garder, d'autant plus que le ranch a atteint son quota maximum de crocos. C'est donc pour cette raison qu'il faut guetter régulièrement le comportement des crocos, en particulier lorsqu'ils ont la tendance à ne plus quitter un petit lopin de terre.

Pour rester dans la veine crocos, j'ai enfin pu les côtoyer de près à travers la cage ! En se tenant debout, on pouvait voir le croco à partir de la surface, mais c'était évidemment plus intéressant de s'immerger pour être nez à nez avec lui. Attiré par le remue-ménage qu'on faisait, il s'est approché et a leeeeentement fait le tour de la cage en nous observant fixement. Sensations garanties. Neal, le soigneur des reptiles, en a d'ailleurs profité pour lancer quelques morceaux de viande qui nous ont permis d'observer de près la dentition de l'animal.

Jeudi, je suis restée plus longtemps au ranch avec une autre volunteer qui m'a proposé d'aller faire un tour du côté de Cheetahland, où se trouvent les félins. L'idée était d'accompagner les soigneurs pour divertir les cheetah, au moyen d'un ballon. J'ai pu me joindre à eux et jouer au foot avec les mâles et les petits. Il faut savoir que suis d'un niveau déplorable dans ce sport, et ça s'est confirmé lorsque j'ai envoyé le ballon droit dans la face d'un des mâles (qui ne m'en a heureusement pas tenu rigueur).

Le dernier jour, j'ai réalisé mes final encounters, c'est-à-dire les rencontres avec certains animaux comme les cheetahs, lémuriens, renards et surtout le caracal ! J'attendais cette rencontre avec impatience car à chaque fois que j'allais rendre visite aux renards, je voyais ces deux gros chats se prélasser en m'observant dans l'enclos d'à côté. J'ai donc enfin pu côtoyer de près ce félin aux splendides oreilles !

Le week-end a été très calme en comparaison du précédent. Il faut dire que se réveiller à 4h du matin pour voir le lever du soleil et les familles de suricates émerger de leurs terrier n'était pas l'activité la plus reposante qui soit. Ce week-end-ci s'est donc passé au restaurant et au bord de la piscine. Une bonne manière de décompresser après cinq semaines menées tambour battant.

Demain, départ. Je prends l'avion à George direction Johannesburg puis je file vers Paris. Fin de l'été, bonjour grisaille, je sens que la réadaptation va être complexe. En attendant, je profite du soleil en écoutant les rugissements matinaux des tigres.

dimanche 4 décembre 2016

Paysages d'Afrique du Sud

Aujourd'hui, pas de récapitulatif de la semaine. Juste un panorama des paysages alentours, de la région d'Oudtshoorn à Mossel Bay. Pas besoin de mots, les images parlent d'elles-mêmes.

dimanche 27 novembre 2016

Expérience aérienne

Bienvenue en Afrique du Sud, avec des journées à 40°C et des habitants qui trouvent que la température est encore très supportable.

Heureusement qu'il y a un peu de vent, sans quoi on serait condamnés à errer entre l'ombre et la piscine...

Le programme de la semaine ne s'est pas révélé trop chargé. La journée à Greystone à commencée avec le nettoyage des clapiers et le câlinage des occupants pdis s'est terminée par la vérification des barrières délimitant le lieu. Pour ce faire, on grimpe à l'arrière d'un bakkie (se prononce Bucky et équivaut au pick-up américain) et on arpente des sentiers caillouteux au possible, tout en vérifiant l'état de la clôture. Et en admirant la paysage, bien évidemment.

Je me suis également fait un ami, à savoir la tortue Bonk qui, lorsqu'il n'est pas en train de faire du charme aux autres tortues, se révèle aussi affectueux et fidèle qu'un chien. On a travaillé dans son enclos avec une autre volunteer et il a passé son temps à nous suivre et à marcher exprès dans les tas de feuilles qu'on tentait de ramasser. A-do-rable.

Cette semaine a aussi été l'occasion du Crocodile Cage Diving. À l'instar du week-end dernier, il s'agit de rentrer dans une cage qu'on immerge et que les crocos viennent observer d'un air curieux et alléché. Manque de chance, ces gros lézards se sont montrés trop feignants, et pendant que j'étais dans la cage, ils se prélassaient au soleil... enfin, ce n'est heureusement que partie remise, et je vais sûrement retenter ma chance cette semaine.

Toujours dans la perspective d'enrichment des cheetahs, nous avons présenté aux félins des pattes de chevaux et d'ânes (les autres morceaux servant à la préparation des repas) et le moins qu'on puisse dire, c'est que les bestioles se sont montrées très intéressées !


Venons-en à la partie intéressante de la semaine, à savoir samedi ! Samedi, c'était direction Mossel Bay pour cette fois faire du skydiving !! Nous nous sommes rendus dans un minuscule aéroport, puis dans un hangar où résonnait Sweet Child O' Mine des Guns N Roses. D'ailleurs, l'homme qui nous a accueillies était le portrait craché d'Axl Rose, avec un chapeau et une moustache. Tout autour de nous, des gens s'affairaient, tendant des câbles, dépliant des combinaisons et sifflotant sur l'air de la musique. Nous nous sommes assises dans des vieux canapés déglingués en attendant qu'on viennent s'occuper de nous.

Après un rapide briefing (banana position lorsqu'on saute, tenir le harnais pendant les premiers instants, ne pas toucher les mains du moniteur en plein vol, lever les jambes à l'atterrissage), Christina et Nathalie sont parties en premières pendant que j'attendais le retour de l'avion. Lorsqu'elles sont revenues de leur vol, transfigurées et décoiffées, je n'avais qu'une seule envie, embarquer à mon tour pour sauter dans les airs !

J'ai grimpé dans le petit avion en compagnie de mon moniteur, d'un homme harnaché dans un wingsuit et d'un autre parachutiste. Lorsque l'appareil a pris de la vitesse, j'ai enfin réalisé. J'allais faire du saut en parachute ! Enfin ! Nous avons rapidement pris de la hauteur et j'ai pu admirer la côte ainsi que les montagnes, sublime panorama.

Arrivés à 10 000 pieds, mon moniteur me dit de poser le pied sur la roue de l'appareil. Je m'exécute, jette un regard dans l'habitacle (par la suite, l'homme en wingsuit interprétera mon regard par "je vais vraiment sauter dans le vide à cette hauteur?"), et on bascule.

Un tonneau, deux, trois. Ce qui me vient à l'esprit? "Terre ! Ciel ! Oh, l'avion qui s'éloigne ! Terre! Ciel ! Terre ! Nous nous stabilisons dans notre chute et je peux desserrer les mains de mon harnais. Nous chutons à toute vitesse et pourtant je peux remuer les bras sans peine (j'étais persuadée que le frottement de l'air aurait rendu les mouvements difficiles). En bas, la côte, les champs, les habitations et plus loin, les montagnes qui s'étendent. Autour, rien. Sensation unique et horizon infini. Il est facile de repérer le wingsuit qui file puis ouvre son parachute.

D'ailleurs, notre parachute s'ouvre. Tout est allé si vite. "- How was it? -Awesome !! - Welcome to skydiving !" Quelques virages, le temps d'apprécier le flottement silencieux et la vue qui s'offre à nous, et il est déjà l'heure d'atterrir.

Déjà au sol et envie de repartir. Ceux qui en font leur métier ne doivent jamais se lasser des sensations. Mon corps et mon cerveau veulent déjà recommencer pour ressentir de nouveau cet instant de chute.

C'en est donc fini des sensations fortes en Afrique du Sud, je pense avoir atteint le point culminant. Reste à profiter des autres expériences qui, quoique plus modestes, n'en sont pas moins appréciables !


Avant mon décollage
Après. Sourire démesuré au rendez-vous.





lundi 21 novembre 2016

Deux semaines, déjà!?

Nous avons atteint le point où le temps se met à filer vitesse grand V.
Bien installée dans mon quotidien, je navigue entre les différentes tâches à accomplir et animaux à choyer.
Cette semaine aura été riche en diversité, entre la préparation de couronnes de feuilles pour que King Julian et les autres lémuriens puissent se balancer, le ramassage des déchets sur la route, l'étude du comportement des renards face à un miroir et le nettoyage de l'aquarium...
Mais entrons donc dans les détails.

King Julian, premier du nom, est un lémurien qui vivait heureux jusqu'à ce qu'il ait l'idée malheureuse de procréer. Ses deux fils, au caractère bien trempé, ont commencé à s'en prendre à leur père dès qu'ils ont atteint la maturité (oui, Game Of Thrones n'est pas qu'à la télévision). Pour sauver la peau du roi déchu, il a fallu l'éloigner de sa sombre engence, en l'installant dans un royaume plus modeste et au voisinage peu gracieux. Oui, King Julian vit aujourd'hui entre la pompe à eau et la maison des phacochères, loin des siens.
Afin d'égayer le quotidien du monarque exilé, nous lui avons préparé une belle couronne composée des feuilles dont il est friand, et l'avons fixée dans sa demeure. Sympathiques, nous en avons aussi préparé pour les autres lémuriens, qui se sont empressés d'examiner le nouvel objet pour finalement ronger la corde qui le soutenait. Une manière comme une autre de s'amuser.

Le saviez-vous? L'Afrique du Sud, consciente de la pollution, oeuvre à la réduire en bannissant peu à peu les sacs plastiques. Ainsi, le centre commercial PickNPay ne donne plus de sacs plastiques, et le ranch interdit l'accès à ces contenants pollueurs.
Dans cette optique écologique, nous avons passé une après-midi à ramasser les déchets autour du ranch, c'est-à-dire à l'entrée et sur la route qui mène à Greystone, soit 500m. Eh bien, ça en a pris du temps ! Des sachets de chips à n'en plus finir, canettes, papiers de bonbons, paquets de cigarettes, bouteilles, et même billes. Nous avons récolté au final 18 sacs poubelle. 18 sacs poubelle ! Sur 500m ! Et pas des sacs petit format, évidemment. Pour sûr, il y a encore du boulot à faire. Peut-être en commençant par réduire ces innombrables petits sachets de chips et autres biscuits qu'on vend dans tous les commerces..?

Mais revenons donc au ranch, où l'après-midi de mercredi a été consacré à une étude fort intéressante et surtout très drôle à observer. Le sujet? "Plaçons un renard face à son reflet et étudions sa réaction". Toujours dans le but d'égayer le quotidien des animaux avec des situations innovantes, nous avons amené un miroir dans l'enclos des renards et avons sorti les carnets de notes.
Les renards (dont je ne connais toujours pas le vrai nom d'espèce) étant des créatures timides, leur premier réflexe a été de filer ventre à terre face à l'objet inconnu. Foxtailer, le plus peureux, n'a plus quitté sa cabane. Batman, curieux et toujours très affectueux, s'est ensuite approché de l'objet pour le renifler. Foxtrot, attiré par l'attitude de son frère, s'est approché à son tour. Ils ont marché le long du miroir, observant ces autres renards qui disparaissaient étrangement dès qu'ils cherchaient à atteindre l'autre côté du miroir. Le manège a duré pendant un bon quart d'heure, puis les renards se sont éloignés, et sont repartis continuer leur sieste.
L'expérience a été menée par la suite avec les cheetahs, mais ils se sont montrés moins intrigués que les renards et se sont vites lassés.

Jeudi, un des hosts (personnes qui encadrent les volunteers,un peu comme des parents de substitution vu comment ils s'occupent bien de nous) a demandé "Who want to clean the fish tank?" J'ai évidemment répondu oui.
Le fish tank, c'est cet énorme aquarium devant lequel on passe lorsqu'on commence la visite du ranch. Poissons colorés et tortues s'y ébattent joyeusement, et j'ai donc rejoint cette faune aquatique en compagnie d'un autre volunteer, armée d'un masque, d'une ceinture lestée de plomb et d'une lame de rasoir pour ôter les algues des vitres.
Évidemment, pendant que nous nettoyions, les touristes passaient devant la vitre et nous prenaient en photo. Ce n'est pas tous les jours qu'on croise de si gros poissons...

Et pour finir en apothéose, le samedi a été consacré au Shark Cage Diving ! Après un départ matinal et une heure de route, nous sommes arrivés a Mossel Bay ou nous avons embarqué sur un bateau équipé d'une cage. La cage en question servant évidemment à enfermer les humains et non les requins. Après avoir navigué et dépassé une île de phoques (fait intéressant : si on écoute un groupe de phoques en fermant les yeux, on croit entendre des moutons), le bateau a jeté l'ancre, un des membres de l'équipage a lancé une tête de thon à l'eau et on a attendu. Au bout de quelques minutes, une grande masse s'est mise à tourner autour du bateau pour se diriger en direction de l'appât. Quel monstre ! Nous avions en face de nous un grand requin blanc, qui a rapidement été rejoint par deux autres confrères. C'est à partir de là que nous avons pu descendre à tour de rôle dans la cage, équipés d'un masque et d'une combinaison. La cage étant collée au flanc du bateau, nous avions une pleine vue sur l'animal qui allait et venait pour tenter de se saisir de l'appât. Si déjà voir un requin de près est saisissant, j'ai encore plus été impressionnée lorsque celui-ci a foncé sur la cage après un virage et s'est cogné à quelques centimètres de mon visage ! La bestiole s'est heurtée à la cage deux fois encore, faisant vibrer la structure et j'ai eu le temps de voir la rangée de dents dont l'acier m'a protégée... Ensuite, après une matinée riche en émotions, nous avons profité de la plage et de la chaleur de l'été, puis nous sommes repartis direction maison, complètement crevés à cause du combo requins/mer/soleil.

Au final, une semaine riche, variée mais aussi fatiguante. Il fait de plus en plus chaud mais heureusement, une petite brise souffle souvent, ce qui nous permet de mieux supporter la température. Et puis la piscine (voire la mer le weekend) nous attend après le travail, nous rendant tout cela bien plus supportable.


Pour l'occasion, j'avais mis mon super t-shirt de circonstance

mercredi 16 novembre 2016

Quotidien et vie en communauté

Mon lectorat insatiable s'est enquis de l'aspect relationnel de ce séjour africain. (Rien de mieux qu'une phrase aux termes pointus pour faire fuir le lectorat en question).
S'il reste toujours quelqu'un qui m'écoute, voici l'organisation de la vie en dehors du ranch.

Moi et 11 autres personnes sommes logés dans une grand bâtisse à 15mn à pied du ranch. Bon, en vrai c'est plutôt 7mn si on ne traîne pas la patte.
Dans des chambres de deux à quatre personnes, nous avons nos lits, tables de chevet et armoires respectifs. Je suis en l'occurrence avec trois autres personnes et tout se passe bien, chacun respecte l'autre et range régulièrement ses affaires, point très important dans la vie en communauté.
Nous avons à notre disposition cuisine et salle de bain, ainsi qu'une grande salle de séjour et le jardin.
Chacun vaque donc librement à ses affaires persos en croisant les autres. Par exemple, quand je rentre à 16h, je prends un verre d'eau et de quoi goûter dans la cuisine tandis que d'autres se font cuire un en-cas, et je vais m'installer sur la terrasse où d'autres se font bronzer en regardant leur téléphone.
Le repas est programmé à 18h, et chaque chambre s'occupe à tour de rôle de la table et de la vaisselle.
Le soir est ensuite consacré à du repos, des jeux de cartes ou un film. D'ailleurs ce soir c'est le Seigneur des Anneaux 2 qui est au programme.

Niveau provenance, la majorité des volunteers sont allemands, et la plupart ont préparé leur séjour avec une agence de voyage germanique; je pense donc qu'il y a corrélation. Viennent ensuite deux néerlandaises, un britannique et deux françaises, dont moi. Des profils variés même si c'est quand même l'allemand qui résonne le plus dans le lodge !

Les relations dans le groupe se passent bien. Évidemment délicates durant les premiers jours, avec le combo nouvel endroit/douze personnes/nouvelle langue, elles se sont grandement améliorées au fil des jours. Car oui, nettoyer le bassin boueux des hippos pygmés, c'est le genre d'expérience qui rapproche !

Voilà pour l'apparté vie en communauté, grande première me concernant, mais qui se révèle agréable. La présence d'autres personnes écarte l'éventuel sentiment de solitude du voyageur, et permet d'avoir toujours une occupation possible si l'ennui se fait ressentir.
Mais entre nous, est-il vraiment possible de s'ennuyer ici?

dimanche 13 novembre 2016

Des longs cous aux défenses

Et voilà, déjà une semaine que je suis ici. Le temps file, c'est indéniable. Niveau mood, j'oscille entre "c'est chouette mais ce sera plus reposant quand je rentrerai en France" et "je suis tellement bien ici à faire ce que j'aime, peut-on rêver mieux?"
Et jour après jour, c'est le deuxième état d'esprit qui tend à s'installer durablement...
Surtout après ce premier weekend ici.

Le samedi et le dimanche sont des jours de repos, et les volunteers peuvent soit rester au lodge et vaquer à leurs occupations perso, soit partir faire des excursions. Je vous laisse deviner quel était mon choix.

Je m'entends bien avec d'autres volunteers du deuxième lodge, et nous avons convenu que notre samedi serait dédié aux GIRAFES ! Car oui, il y a des jeunes girafes à 15mn de la ville, et nous avons donc pris un taxi pour aller les voir et les nourrir. Grandes bêbêtes pour leur jeune âge, et une force vigoureuse dans le cou qui m'a rendue la tâche difficile lorsqu'il a fallu leur donner le biberon.
Nous avons ensuite pris quelques photos dans le décor désertique qui s'offrait à nous. Sable, cailloux et montagnes pelées, on pourrait aisément y tourner un western.

Dimanche était consacré à une marche avec des éléphants (quitte à faire dans les animaux à la taille démesurée, autant y aller jusqu'au bout).
Nous nous sommes rendus dans un magnifique coin de cambrousse au bord d'un lac peuplé de poissons gigantesques, de tortues et d'hippopotames pour ensuite rejoindre les éléphants.
Nous avons accompagné trois jeunes-mais-déjà-grands éléphants et franchement, se trouver pour la première fois aux côtés de cette masse mouvante était saisissant. Marcher à côté d'un éléphant, c'est réaliser qu'on est un être ridiculement petit et insignifiant, et ne pas pouvoir décrocher son regard de ce géant en mouvement. C'est aussi se demander comment des êtres humains peuvent éprouver du plaisir à abattre et mutiler une telle créature...
Au cours de cette marche, nous avons eu l'occasion de les nourrir (le saviez-vous? La langue d'un éléphant est d'une extrême douceur) et de faire quelques photos en faisant un câlin à l'animal. Enfin, c'était plutôt l'inverse. Une gigantesque trompé m'a enserré la taille et l'espace d'un instant, j'ai senti toute la puissance contenue qu'elle pouvait déployer.
Bref, une expérience impressionnante qui mérite d'être vécue, tant côtoyer un éléphant de près est quelque chose de fascinant.

D'autres aventures sont prévues pour le weekend prochain, mais je n'en dis pas plus. Suspens suspens.
En attendant, c'est reparti pour une semaine au ranch, yeah !





jeudi 10 novembre 2016

Soleil et poussière

Enfin la première "vraie" journée! Fini la découverte, on entre dans le vif du sujet.
Pour ma première journée en tant que Volunteer, je suis essentiellement restée à Greystone (pour les deux du fond qui ne suivent pas, Greystone est un grand espace en face du ranch qui accueille les guépards de plus de deux ans)

Il faut savoir que Greystone est un véritable échappatoire pour les yeux et les jambes, car oui, on ne va pas se mentir, mais après avoir fait trois ou quatre fois le tour du ranch, on prend conscience de l'environnement clos dans lequel on évolue. À contrario, Greystone offre un panorama sur les montagnes qui encadrent la plaine et permet de crapahuter librement.
Une journée sur ce bout de colline désertique était donc le meilleur des remèdes.
Sous un soleil matinal déjà bien mordant, nous avons entrepris d'enlever les herbes piquantes, dangereuses pour les animaux, et nous avons entretenu les enclosures des renards. Qui d'ailleurs n'ont rien à voir avec nos renard européens, ceux-ci sont gris et ont des allures de fenecs bossus (oui, ce portrait n'est absolument pas flatteur).

L'après-midi était centré sur l'enrichment des occupants de Greystone. Enrichment, kesse? Ni plus ni moins que toutes les méthodes pour occuper des animaux vivants en captivité. Afin de leur éviter une existence ennuyeuse et malheureuse (pouvant conduire à l'automutilation et la mort) des éléments nouveaux sont intégrés à leur quotidien. De cette manière, les animaux sont moins affectés par leur condition captive, leurs sens et leurs aptitudes sont sollicités, et ils sont plus enclins à être entourés par des visiteurs.
*** au vu de ces nouvelles connaissances, je vous laisse réfléchir aux conditions des animaux de cirque, qui passent d'une cage/un minuscule espace à la scène où ils doivent chaque soir répéter le même numéro, sans répit. ***

Pour revenir au programme de l'après-midi, c'était la première fois que les guépards étaient présentés à... une énorme balle de tennis de la taille d'un ballon de basket. Nous prenions en note le comportement animal tandis que le soigneur dédié aux guépards lançait la balle, la cachait dans un arbre, la faisait rouler...
Conclusion, les guépards sont de gros chats, qui sautent sur l'objet en mouvement, donnent des coups de pattes, et se prennent un mur en voulant attraper l'objet trop rapidement.
L'étude de cet après-midi midi s'est donc révélée très concluante, car les animaux se sont montrés intéressés par l'objet, ont joué avec et n'ont pas manifesté de désintérêt ou de peur à son égard.

Cette journée en extérieur, bien que fatiguante, était très plaisante.
Le travail en petits groupes à également nous a également permis de nous rapprocher les uns des autres entre volunteers.

Demain, on remet ça à Greystone, cette fois en faisant le tour du domaine afin d'en mesurer l'étendue, et l'après-midi mission nettoyage, non pas des enclosures mais plutôt des déchets laissés par les humains négligents. Eh oui!